ECONOMIE

Le Tchad fait partie des pays les moins avancés (P.M.A.). Le PNB par habitant est estimé à 180 USD. L'espérance de vie à la naissance est de 47 ans. L'économie demeure encore fragile, insuffisamment industrialisée. Elle repose surtout sur les productions de cultures vivrières qui contribuent pour 44,1 % au PIB et restent le principal moyen de subsistance pour plus de 80% de la population. Le secteur secondaire représente 20% du PIB; il est peu développé et freiné par le coût exorbitant de l'énergie et du pétrole. Quelques entreprises transforment les productions agricoles: la Cotontchad coton, huilerie, savonnerie), la CST (sucre), les Brasseries du Tchad (bière).

Le secteur tertiaire représente 40% du PIB et est fortement dominé par le secteur informel, en pleine expansion. Il est marqué par l'insuffisance des infrastructures routières, la faible capacité des liaisons aériennes et l'enclavement à l'intérieur du pays.

Les destructions causées par la guerre et les troubles politiques ont freiné le développement de l'économie qui n'a retrouvé qu'en 1990 son niveau de production de 1977.

A. Les principales Productions Agricoles

1) Les cultures industrielles

Le coton : il est le premier produit d'exportation devant le bétail, le poisson et la gomme arabique en plein essor. Le coton représente en volume 44,5% des exportations totales du pays en 1993 et 42,9% des recettes en devises.

Les pays membres de l'Union Européenne sont les principaux importateurs du corton fibre tchadien. Leur marché a absorbé, en 1993, 63,6 % de la production contre 59,6 % en 1992, soit un accroissement de 6,7 %.

La culture du coton est pratiquée dans le Sud-ouest du Tchad par environ 200 000 producteurs qui exploitent environ 220 000 hectares. La Cotontchad assure la collecte, l'égrenage dans six usines et la transformation du coton qui est évacuée par balles en camion jusqu'à N'Gaoundéré au Cameroun puis par chemin de fer jusqu'au port de Douala.

La canne à sucre: La canne à sucre est cultivée dans la région de Banda au Sud du pays, à proximité même de l'usine de production du sucre (SONASUT), actuelle Compagnie Sucrière du Tchad (CST). Pour la campagne 1993/1994, les surfaces cultivables sont de 3523 hectares contre 3446 hectares prévues pour la campagne 1994/1995.

Cette diminution des surfaces explique une baisse respective de rendement de 325302 tonnes de canne à sucre contre 346935 tonnes en 1993/94. Cette faiblesse de la production oblige la SONASUT à importer du sucre brut afin de satisfaire une demande locale assez forte.

Le tabac : En dépit de l'existence d'une usine de tabac à Moundou (MCT), la production du tabac reste à l'état embryonnaire.

2) Les produits vivriers

L'évolution de la production vivrière est liée aux fluctuations climatiques et aux attaques de divers ennemis des cultures.

Ces variations sont importantes en zone sahélienne, mais plus nuancées dans la zone soudanienne qui est généralement autosuffisante ou même excédentaire. Contrairement à d'autres pays sahéliens qui ne disposent pas de zone soudanienne, le Tchad en redoublant d'effort, peut atteindre l'objectif de l'autosuffisance alimentaire.

Les principales céréales cultivées au Tchad sont notamment le mil, le sorgho, le maïs, le riz et le bérébéré. Les cultures du blé et du fonio sont encore peu développées. La production d'oléagineux, de légumineuses et de tubercules se compose de l'arachide, du sésame, du poids de terre, du niébé, du manioc, de la pomme de terre ainsi que du taro. La production totale en 1993 est de 793 602 tonnes. Au total, la production vivrière en 1993 se chiffre à 1770021 tonnes, soit une augmentation de 58,51 % par rapport à 1992.

3) La gomme arabique

La gomme arabique est une ressource importante pour le Tchad. Son exploitation est en plein essor. En dépit de cela, les données ne sont pas connues avec exac¬titude car le secteur reste assez perturbé par le trop-plein d'acteurs (intermédiaires, exportateurs). Toutefois, on estime à environ 3124 tonnes la quantité exportée à fin juin 1995 pour un chiffre d'affaires de 4513 millions. Mais cette production est manifestement inférieure à la réalité.

B. L'Elevage

Le bétail : il est au Tchad le deuxième produit d'exportation et la deuxième source de revenu en devises après le coton. Avec un troupeau composé de 4,5 millions de bovins, il vient juste après le Mali, en seconde position parmi les grands pays sahéliens d'élevage. Le groupe des ovins et caprins représente 5 millions de têtes. Il s'y ajoute 200 000 chevaux, 250 000 ânes et 550 000 dromadaires, sans compter les volailles et les porcs.

En 1993, le Tchad a exporté au total 210000 têtes (viande et bétail sur pieds confondus) pour une valeur de 14 milliards de FCFA. L'élevage représente 16 % du PIB, 30 % des échanges et fait vivre 40 % de la population active. Les principaux partenaires commerciaux du Tchad en la matière sont notamment le Nigeria, le Cameroun, le Congo et le Gabon.

La pêche: Le poisson est généralement présenté comme le troisième produit d'exportation après le coton et le bétail. La pêche contribue à environ 4,5 % du PIB. Le niveau de la production est lié de près à la pluviométrie.

La sécheresse endémique des années 1970 et 1984, en réduisant la superficie fluviales et des zones inondées, a provoqué une chute importante de la production. Celle-ci sera en effet passée de 140000 tonnes par an dans les années 1960 à moins de 60000 tonnes actuellement.

Les zones de pêche sont constituées de façon permanente par le bassin fluvial du Logone et du Chari et par le Lac Tchad, et de manière irrégulière par le Lac Iro, le Lac Fitri et les plaines inondées. Une grande partie de la production est autoconsommée, le reste étant commercialisé sous forme fumée, séchée ou grillée. Une bonne partie des flux commerciaux s'effectue en direction du Cameroun et du Nigéria, mais on enregistre des échanges vers la République Centrafricaine à partir de la région de Sarh et du Salamat.

C. Industries

Le secteur industriel reste très peu développé (1 7,90 % du PIB) et est limité essentiellement à une dizaine de sociétés dont les plus importantes sont:
- Compagnie Sucrière du Tchad(CST);
- Brasseries du Tchad(BDT);
- Huilerie et Savonnerie de la Cotontchad;
- Manufacture des Cigarettes du Tchad (M.C.T.);
- Compagnie Tchadienne de Textile du Tchad (COTER);
- Cyclo-Tchad
- Boissons et Glacières du Tchad (B.G.T.);
- Abattoir Frigorifique de Farcha, actuellement devenu une cooperative;
- Société de Production et de Commercialisation de Tôles (SOPCOTOD)
- Société Tchadienne d'Eau et d'Electricité (STEE)
- Société Tchadienne de Télécommunication du Tchad (Sotel Tchad)

D'une manière générale, ces sociétés sont handicapées par l'étroitesse du marché et par les coûts élevés de l'énergie électrique.

En ce qui concerne l'exploitation du sous-sol, de nombreux indices minéraux ont déjà été relevés dans plusieurs régions du pays. De plus, certaines réserves de pétrole sont maintenant confirmées. Deux gisements de pétrole sont actuellement connus: celui du fossé du Lac Tchad aux environs de Sédigui et celui du fossé de Doba dans la partie méridionale du pays. Des recherches se poursuivent par ailleurs dans la région de Faya Largeau. Des traces d'hydrocarbures ont été signalées en d'autres endroits du territoire, notamment dans les bassins de Bongor, du Kanem et des Ouadis au Nord du pays. Un important gisement d'or a été découvert en 1991 à Pala dans le Mayo-Kebbi. Par ailleurs des quantités restreintes de fer, de tungstène et d'étain ont été extraites par le passé de manière artisanale. On sait qu'il y a de nombreux indices d'uranium dans la partie Nord du pays de même que dans le Mayo-Kebbi. Des réserves de bauxite ont été découvertes dans le Sud du pays. On signale même la présence des métaux rares comme le niobium, le tanale et le béryllium. Dans tous les cas, cependant, la largeur et la teneur des gisements restent à confirmer. Pour l'heure, seules quelques ressources sont exploitées. Car la plus importante est le natron dont les réserves les plus connues sont situées au Nord du Lac Tchad.

Il convient de signaler que ces gisements de natron semblent non seulement importants, mais qu'il s'agit là d'une richesse en partie renouvelable. Le calcaire du gîte de Louga au Mayo-Kebbi est exploité par intermittence et artisanalement pour la fabrication de la chaux.

D. Commerce et Finances

Le Commerce: La balance commerciale, structurellement déficitaire, enregistre les variations importantes selon les performances du secteur agricole (coton principalement) fortement liées à la pluviométrie et aux cours mondiaux des produits primaires.

Les capacités productives restreintes du pays entraînent un important volume d'importations incompressibles (énergie et biens d'équipement) tandis que les termes de l'échange ne cessent de se dégrader.

L'enclavement du pays, qui implique des coûts de transport prohibitifs, rend hypothétique toute extension de la base des produits exportés.

Les Finances : Le budget de l'État est structurellement déficitaire depuis plusieurs années. Les principaux postes de dépenses sont notamment les dépenses courantes de fonctionnement, les salaires et traitements et les dépenses militaires.

1) Dette extérieure

En matière d'endettement, l'encours en fin de période est estimé à 166,02 milliards de FCFA soit 52,10 % du PIB en 1993 contre 48,39 % du PIB l'année précédente.

2) Situation monétaire et bancaire

. La Monnaie

Le Tchad fait partie de la zone monétaire de l'Afrique Centrale et partage avec les autres membres la même monnaie, le franc CFA qui, émis par la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) est pleinement convertible en franc français à un taux actuel de 1 franc CFA pour 0,01 F (depuis la dévaluation du 12 janvier 1994); l'ancien taux étant de 1 franc CFA pour 0,02 francs français. Actuellement 1 euro = 655 Fcfa

Le Tchad, par son appartenance à la Banque des Etats de l'Afrique Centrale, fait partie de la Zone franc, ce qui constitue une forte contrainte en matière de création monétaire mais un avantage appréciable en ce qui concerne la garantie de convertibilité de la monnaie.

Le secteur bancaire demeure restreint: trois banques commerciales (BTCD, BIAT et BCC), le Service des Chèques Postaux, et deux Banques d'affaires: la Banque de Développement du Tchad et la Financial Bank.

E. Communications

Le réseau de transport tchadien est très peu développé. La réhabilitation et la construction du réseau de transport apparaissent comme une obligation préalable à la relance de l'activité économique dans le pays. Cela est d'autant plus évident que l'insuffisance et l'état actuel délabré du réseau routier accentuent davantage l'enclavement interne du pays.

Conscients de ces contraintes majeures, les gouvernements tchadiens ont toujours fait de ce secteur une des priorités de leurs politiques et programmes d'action au sortir de la guerre civile en 1983. Avec l'appui de la Banque Mondiale, le Gouvernement a mis en œuvre le Programme d'Ajustement Sectoriel des Transports (PASET) qui a permis de définir le réseau routier prioritaire de 3600 km sur lequel l'essentiel des investissements est concentré. Un second programme sectoriel des Transports (PST2) prend le relais du PASET, lequel s'est achevé en 1983.

F. Tourisme

Dans le cadre de la recherche d'une diversification accrue de l'économie, le tourisme - actuellement marginal - n'est pas à exclure comme source de revenus supplémentaires. Depuis 1983, on assiste à une reprise progressive du tourisme international, qui se développe en même temps que l'activité économique.

Les priorités fixées par le Plan d'Orientation sont les suivantes :

- réaliser un inventaire des potentialités touristiques en vue de définir un programme de développement du secteur;
- poursuivre la rénovation des infrastructures d'accueil dans les principales villes du pays (N'Djamena, Sarh, Am-Timan, Abéché, Moundou, Bongor).

C'est pourquoi l'accent est mis sur la réhabilitation des structures d'accueil. Les hôtels «Novotel la Tchadienne» et «Chari» à N'Djaména ont été rénovés. Toutefois, l'essentiel de la capacité d'hébergement du pays est concentré dans la capitale. Il faudrait donc prévoir la création de nouvelles structures dans les régions susceptibles d'attirer les visiteurs (Tibesti, Lac Tchad, Parcs Nationaux). A moyen terme, cependant, le tourisme d'affaires restera le plus important et son développement à l'intérieur du pays sera lié à celui d'activités en dehors de N'Djaména et donc à la réhabilitation des infrastructures de transport.