GEOGRAPHIE
A. Présentation générale
Le Tchad est situé en plein cœur de l'Afrique. Il est de ce fait sans littoral. Il a une superficie de 1284000 km2 s'étalant du Nord au Sud sur 1700 km et de l'Est à l'Ouest sur 1000 km. Il est le vingtième pays au monde de par sa superficie et le cinquième plus grand d'Afrique après le Soudan, l'Algérie, le Zaïre et la Libye; il, est donc le troisième pays d'Afrique subsaharienne.
Outre son immensité, il se caractérise par son enclavement et son éloignement de la mer. En effet, il est situé à 2060 km de Douala (Cameroun), qui peut être atteint par la voie tant routière que ferroviaire, à 1765 km de Port-Harcourt, à 2100 km du Port Apapa et à 2975 km de Pointe-Noire au Congo par la République Centrafri¬caine; à 2136 km de Tripoli, 1896 km d'Al-Uqaylah (Libye) en Méditerranée et à 2400 km du Port Soudan sur la Mer Rouge.
Il a des frontières communes avec le Soudan à l'Est, la République Centrafricaine au Sud, le Cameroun et le Nigéria à l'Ouest, la Libye au Nord et le Niger au Nord-Ouest.
B. Présentation physique
1) Relief
Le relief du Tchad est très accidenté: des plaines alternent avec des montagnes plus ou moins hautes. Dans l'ensemble, il se présente sous forme de dépression bordée de zones montagneuses. En effet, au Nord s'étend la chaîne de mon¬tagnes du Tibesti dont le point culminant est l'Emikoussi avec 3415 m; au Nord-est est le plateau du Ouaddaï et de l'Ennedi dont les plus hauts sommets attei¬gnent 1200 à 1300 m et au centre ils atteignent 1500 m dans l'Aboutelfane et 1613 m dans le sommet du Guéra.
2) Hydrologie
Depuis le début de la sécheresse, l'hydrologie tchadienne est devenue instable, si bien que le seul réseau fluvial est constitué par les fleuves Chari et Logone. Les autres cours d'eau dont les principaux sont le Batha alimentant le Lac Fitri et le Bar-El-Gazal, ne sont pas permanents.
Le fleuve Chari, qui prend sa source en République Centrafricaine, coule sur une dis¬tance de 1200 km. Il est en partie navigable pendant quatre mois. Son débit, comme celui du fleuve Logone, son affluent principal dont la longueur est de 1000 km, varie en fonction de la pluviométrie concentrée sur six mois de saison des pluies.
Il y a cinq lacs principaux: Le Lac Tchad, le Lac Fitri, le Lac Iro, le Lac Léré, le Lac Tikem, à eau douce et très poissonneux.
3) Eau
Le Lac Tchad constitue le principal réservoir en eau de surface. Son volume d'eau est de 30 à 40 milliards de m3 en moyenne. Il est alimenté à 80% par le fleuve Chari et son affluent le Logone, qui y déverse quelque 40 à 50 milliards de m3 d'eau par an.
Les eaux souterraines sont composées de la nappe phréatique du bassin tchadien et des réserves de surface. Le volume total exploitable de ces réserves fluctue de 260 à 540 milliards de m3 par an. Du fait de l'irrégularité de la pluviométrie les débits sont plus fluctuants. On estime néanmoins que le rythme de renouvellement du bassin hydrologique est de 20 à 25 milliards de m3 par an. Toutefois, les taux d'évapotranspiration sont élevés dans tout le pays et dépassent nettement les précipitations annuelles. Cette situation est valable également en zone souda¬nienne.
Le pays compte actuellement environ 6000 points d'eau villageois et environ 500 points d'eau pastoraux.
En ce qui concerne l'hydraulique villageoise on compte plus de 20000 hectares de terre irrigués répartis pour moitié environ entre les périmètres de grande et de petite surface.
4) Climat
Le climat du Tchad est déterminé par deux masses d'air. La première est une masse d'air continental, chaud et sec, qui amène des vents en prove¬nance de l'Est et du Nord-Est du Sahara: c'est l'Harmattan. L'autre est une masse instable d'air maritime, équatorial, humide et relativement frais, qui amène des vents en provenance du Sud-ouest: c'est la Mousson. La fron¬tière entre les deux masses d'air constitue le Front Inter Tropical (FIT) qui, en se déplaçant, détermine le cycle annuel entre la saison des pluies et la saison sèche.
Le Front Inter Tropical définit par ailleurs le rythme pluviométrique du pays. La pluviométrie s'accroît considérablement en passant du Nord au Sud. Elle va de moins de 200 mm dans le Nord à 200-1000 mm en zone sahélienne et à 600 - >1500 mm en zone soudanienne.
La pluviométrie est relativement faible dans la majeure partie du pays. Elle est encore particulièrement instable d'une année à l'autre comme dans les autres pays du Sahel.
Les pluies sont mal réparties: d'une part, leur niveau varie d'une station à l'autre à l'intérieur d'une même région et, d'autre part, leurs fréquences et répartition sont aussi déterminantes pour l'agriculture notamment que le volume annuel des pré¬cipitations. Sauf en 1990, les pluies ont été bonnes ces dernières années, mais leur niveau reste en deçà de celui des années 50 et 60.
Le Tchad est divisé en trois zones climatiques:
- la zone désertique commence au Nord de l'isohyète 350 mm. La saison des pluies diminue progressivement jusqu'à s'arrêter;
- la zone sahélienne: la saison des pluies s'étale entre le début juin et septembre-, elle reçoit entre 300 et 600 mm de pluies par an;
- la zone tropicale où la pluviométrie est supérieure à 950 mm; la saison sèche va de novembre à mai.
5) Végétation
Il y a quatre zones de végétation au Tchad:
- au Sud, la zone soudanienne est couverte de forêts qui s'estompent à proximité des villages du fait des défrichements, des feux de brousse et de l'utilisation abusive du bois de chauffe;
- au Centre, la zone sahélienne est celle de la savane boisée et herbacée;
- au Nord, la zone désertique passe de la savane à la steppe. Les arbres sont pour la plupart des épineux rabougris qui disparaissent au fur et à mesure que l'on remonte au Nord où la seule végétation est celle des palmeraies.
Les deux tiers du territoire sont soit désertiques, soit semi-désertiques. Le pays compte tout de même 594 milliers d'hectares de forêts classées, ainsi que plusieurs milliers d'hectares de périmètres de reboisement sans compter les 414 mil¬liers d'hectares de parcs nationaux.
6) Faune
Le pays compte un nombre important et une grande variété d'espèces animales sauvages. Bien que l'on connaisse assez bien les espèces qui vivent sur le terri¬toire, il s'avère très difficile d'évaluer leurs populations. Elles ont relativement peu souffert de la sécheresse; mais par contre, elles ont été très affectées par le bra¬conage si bien que certaines espèces comme le rhinocéros ont pratiquement disparu.
Le pays a six réserves de faune qui constituent avec leurs 11,1 millions d'hectares, soit 9 % du territoire, un véritable gage de conservation pour autant que l'Etat arrive à remplir sa mission protectrice.
C. Peuplement
Les groupes ethniques du Tchad sont très nombreux. On peut sommairement dis¬tinguer les populations paysannes du Sud dont le groupe dominant sont les Saras, les populations à vocation pastorale du centre dont les principaux sont les Arabes, les Peulhs, les Baguirmiens, les Kanembous, les populations tournées prioritairement vers la pêche dont les Kotokos, les Boudoumas et les populations saha¬riennes qui nomadisent et vivent des produits de leurs troupeaux de chameaux et de commerce.
Les langues sont très nombreuses et sont regroupées en une douzaine de groupes linguistiques. Le Français et l'Arabe sont les deux langues officielles. Le Français est largement utilisé dans les agglomérations et par les élites. L'Arabe sert de langue véhiculaire tandis que le Sara joue le même rôle dans la zone méridionale du pays.
Les parties septentrionale et centrale ont pour religion l'Islam, implanté au Tchad depuis le Xle siècle, qui n'a été diffusé dans les campagnes qu'à partir des XVI et XVIle siècles. Au Sud se concentrent les chrétiens catholiques et protestants confondus. Les religions traditionnelles sont encore vivaces tant au Nord qu'au Sud.
D. Démographie
Le recensement de 2005 donne une population de plus de 9 826 500 d'habitants au Tchad. Son taux de croissance est de 2,4 %. Si ce rythme de croissance est maintenu, le Tchad comptera plus de sept millions d'habitants en l'an 2000. Comme dans tous les pays en développement, cette population se caractérise par sa jeunesse. Le groupe des moins de quinze ans constitue à peu près 42 % de la population totale.
La population active regroupant les populations âgées entre 15 et 60 ans représente 53 % de l'effectif démographique. Les personnes âgées ne représentent que 5 % de la population totale. Le taux de natalité est de 44 %o et de mortalité de 19 %o.
La population est très inégalement répartie sur l'ensemble du territoire: la densité humaine va de 0,2 à 42 habitants au km2 en passant du BET au Logone Occidental. En général, les régions du Sud accusent une pression d'occupation des sols cinq fois supérieure à celle des provinces du Nord.
E. Urbanisation
On estime à 25 % la population vivant dans les villes dont certaines sont très anciennes comme la ville d'Abéché, ancienne capitale du royaume du Ouaddaï, et Mao, ancienne capitale du royaume du Kanem.
Le taux d'urbanisation oscille entre 20 et 30 % parce que les mouvements sai¬sonniers des populations entre les campagnes et les villes peuvent être impor¬tants à certains moments. Dans ces circonstances l'hypothèse la plus prudente est de considérer que le monde rural abrite quelque 80 % de la population.
Les principales villes sont:
- N'Djaména, la capitale. C'est l'ancienne Fort-Lamy née au début du siècle. Elle a subi de fortes destructions en 1979 et surtout en 1980. Du fait de la guerre, sa croissance a été rapide. Sa population est estimée à 550 000 habitants. Capitale politique, elle joue un rôle essentiel sur le plan commercial à l'arrivée des trafics en provenance du Cameroun et du Nigéria. Elle affronte divers problèmes: drainage, alimentation en eau, ordures ménagères, voirie;
- Sarh est l'une des métropoles du Sud qui compte 80 000 habitants;
- Moundou est cette autre métropole du Sud qui compte 100 000 habitants. Elle connaît un essor plus rapide en raison de son rôle industriel (brasseries, tabac) et de la présence de la direction et des usines de la Cotontchad;
- Abéché ne compte que 54 000 habitants. Elle a perdu son grand rôle dans le trafic commercial avec le Soudan, l'Egypte et l'Océan Indien; néanmoins elle demeure une ville religieuse, un centre historique et une très belle ville sahé¬lienne.
- Faya Largeau est une autre métropole d'équilibre au Nord du pays.