LE TCHAD ET LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

Bien qu'il ait changé plusieurs fois de régime politique depuis son accession à l'indépendance, le 11 août 1960, le Tchad a maintenu, à chaque fois, ses engagements pris antérieurement vis-à-vis des pays étrangers et cela par principe de continuité de l'État. Au lendemain du 1er décembre 1990, il n'y a pas eu de dérogation à la règle. Le nouveau pouvoir a eu comme premier souci la relance ou l'amélioration des rapports de coopération avec la Communauté Internationale.

I. Coopération bilatérale

Au plan bilatéral, le Tchad coopère avec un grand nombre de pays africains, européens, américains, asiatiques, proches et moyens-orientaux.

A. Zone Afrique

Dans cette zone, le Tchad entretient des relations commandées par la proximité géographique. Ses rapports privilégiés avec ses voisins sont normaux, car pays enclavé, il a besoin d'un couloir par lequel ses importations et exportations doivent transiter.

D'une manière générale, le Tchad a des rapports plus suivis avec les pays africains.

B. Zone Europe

Le Tchad entretient des relations de coopération bilatérale avec la plupart des Etats Européens.

C. Zone Amérique

Sur le contient américain, mis à part les USA et le Canada, le Tchad a du chemin à parcourir, car, avec les autres États, ses rapports se limitent encore au niveau de sa représentation diplomatique.

D. Zone Asie

Le Tchad entretient des rapports avec un certain nombre de pays asiatiques qui sont la République Populaire de Chine, la République Démocratique de Corée, l'Empire du Japon, le Royaume de Thaïlande, les Philippines, la République Islamique du Pakistan, l'Inde...

La coopération avec la République Populaire de Chine est très intense: quelques projets de coopération sont en cours d'exécution sur financement et maîtrise d'œuvre chinois. Quant à la coopération avec les autres États, elle est encore balbutiante et appelée à se développer.

E. Zone Proche et Moyen-Orient

Les pays appartenant à cette zone et entretenant des relations avec le Tchad sont: Royaume d'Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Koweït, Qatar, Brunei, Irak. Jordanie, Bahrein, Oman, Yémen...

Tous ces pays coopèrent avec le Tchad dans le cadre de l'Organisation de la Conférence Islamique et de ses organes subsidiaires. Au plan bilatéral, leurs rapports se situent à des degrés divers.

II. Coopération multilatérale

En matière de coopération multilatérale, le Tchad est membre de beaucoup d'organisations:

a) il est, sur le plan mondial, membre de l'Organisation des Nations Unies et de ses institutions spécialisées dont certaines, représentées à N'Djaména, aident le Gouvernement, dans le cadre des missions assignées à l'Organisation mondiale, au développement du pays;

b) au plan interrégional, il est membre de l'Organisation de la Conférence Islamique et de ses organes subsidiaires et affiliés, du Mouvement des Pays Non-alignés et du Groupe de 77. Il est aligné, sur le plan économique, parmi les Pays les Moins Avancés (PMA);

c) au plan régional, il est membre de l'Organisation de l'Unité Africaine (Union Africaine);

d) au plan sous-régional, le Tchad est membre du Conseil de la présidence du rassemblement des Etats du Sahel et du Sahara (SINSAD); du Comité Inter-états de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), de l'Autorité du Fleuve Niger (AFN). de l'Organisation des Etats Riverains du Sahara (OERS), de la Commission Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC), de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) et de l'UDEAC et de ses organes spécialisés qui sont: la Commission Economique du Bétail, de la Viande et des Ressources Halieutiques en Union Douanière et Economique de l'Afrique Centrale (CEBE VIRA-UDEAC), de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et de la Banque de Développement des Etats de l'Afrique Centrale (BDEAC).

En 1982, après la guerre civile généralisée, le Gouvernement a sollicité l'aide de la Communauté Internationale. Celle-ci s'est manifestée à travers plusieurs canaux, dont les organisations non gouvernementales.

A cette date, environ une quarantaine d'ONG étrangères opèrent au Tchad. Plus le cinquante ONG nationales sont reconnues par le Gouvernement et enregisrées au SPONG, dont certaines seulement sont opérationnelles.

Nouveaux partenaires au développement, les ONG interviennent un peu partout, même à des endroits d'accès difficile.

II. Coopération technique, culturelle et scientifique

La coopération technique, culturelle et scientifique se déroule en coopération tant bilatérale que multilatérale.

En coopération multilatérale, deux mécanismes sont en cours de lancement: le NATCAP (Analyse et Programmation Nationale, de la Coopération Technique) et la CTPD (Coopération Technique entre Pays en Développement).

Le premier mécanisme concerne la coopération Nord-Sud et vise à privilégier l'expertise nationale à l'expertise étrangère en cas de recrutement d'un personnel spécialisé (experts ou consultants) dans le cadre des projets de développement financés ou non par les Etats bénéficiaires.

Le deuxième mécanisme concerne la coopération Sud-Sud et vise à privilégier 'expertise du Sud réputée moins onéreuse en cas de recrutement d'un personnel spécialisé (experts ou consultants) dans le cadre des projets de développement financés ou non par des organismes ou des Etats du Nord ou du Sud.

Les relations culturelles et scientifiques avec les Etats sont souvent déterminées par des accords de coopération. Ces relations sont circonscrites le plus souvent par des réunions des commissions mixtes. Les Etats liés au Tchad par des accords de coopération culturelle et scientifique sont ceux qui reçoivent des tchadiens pour la formation initiale, pour les stages de perfectionnement ou octroient des bourses au Tchad pour de longues études et des stages et perfectionnement. Les relations culturelles et scientifiques existent également avec des organisations et institutions de formation.

En dépit de ressources naturelles considérables, le Tchad est parmi les pays les plus pauvres du monde. Traditionnellement, l'économie du Tchad a été principalement agricole (coton, bétail et gomme arabique). La production (et les exportations) significative de pétrole commence vers la fin de 2002. Tendances macro-économiques

Le tableau ci-dessous récapitule les tendances du PIB du Tchad aux prix du marché estimés par le Fonds monétaire international, en millions de francs CFA:


Le PIB par habitant augmenta de 23% dans les années 1960 et atteint un pic à 80% dans les années 1970. La croissance diminua ensuite à 30% durant la décennie suivante, pour atteindre 40% dans les années 1990.
Le salaire moyen en 2007 était de 3 à 4 $ par jour.

Secteurs

L'agriculture, en particulier de subsistance, l'élevage et la pêche occupent plus de 80% de la population active, pour 22,6% du PIB. Les principales cultures vivrières sont le sorgho, le mil et l'arachide tandis que le coton, la canne à sucre, la gomme arabique et le tabac sont cultivés à des fins de rente. Les troupeaux sont constitués de bovins, de chèvres, de moutons, de chameaux et de volailles.

Comme de nombreux autres pays en voie de développement, le secteur informel est de loin plus développé que le secteur formel. Le pays est largement dépendant de l'aide internationale. Les principaux donateurs et bailleurs de fonds sont l'Union européenne et la France.

Le Cameroun et le Nigeria sont les principaux débouchés du marché tchadien en Afrique, tandis que la France, l'Allemagne et le Portugal sont ses premiers clients en Europe. Avant l'exploitation des réserves pétrolières, le coton représentait 40% des exportations du pays. La réhabilitation de Cotontchad, la plus grande compagnie cotonière, qui souffrit de la chute des prix de la matière première, fut financée par la France, les Pays-Bas, la Communauté économique européenne et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement. Depuis janvier 2002, le secteur para-étatique est en cours de privatisation.

Exportations

Les autres produits d'exportation sont la gomme arabique ainsi que des animaux d'élevage et du poisson fumé et séché avec ses voisins directs (Nigeria, Cameroun et Soudan).


LES PRINCIPAUX ATOUTS DU TCHAD

Le Tchad possède d'énormes potentialités tant sur le plan agricole, minier, humain que commercial susceptibles de le sortir de son état actuel de pays parmi les moins avancés, pour peu qu'elles soient exploitées, une fois la stabilité retrouvée. Il s'agit notamment de:

1) la superficie des terres cultivables qui est de l'ordre de 39 millions d'hectares, celles des terres irrigables est évaluée à 5,6 millions d'hectares. C'est dire que le pays totalise 44,6 millions d'hectares de terres exploitables; ce qui le classe en tête des pays sahéliens ayant le potentiel agricole le plus important;

2) l'élevage avec son ratio de têtes de bétail par habitant, qui est de 2 contre 1 en Afrique subsaharienne, est en pleine croissance;

3) la découverte d'importants gisements de pétrole à Doba dans le Logone Oriental et à Sédigui dans le Lac et d'autres ressources du sous-sol telles que l'or, le diamant, le fer, le cuivre, le tungstène, etc...

4) sur le plan touristique, le Tchad dispose d'importants sites touristiques. Il s'agit:

- des palmeraies du désert, des réserves de faune de Fada-Acchie, Ouaddi¬Rimé/Ouaddi-Hachim dans la zone sahélienne et où l'on trouve addax, oryx et mouflon à manchette;
- dans la zone sahélienne de la réserve de faune d'Aboutelfane et de Binder (Léré), du parc de Manda et des réserves en voie de création de Beinamar, de Larmanaye, de Ngam, de N'Dam, de Kélo et du Lac Iro;

5) un potentiel de commercialisation énorme avec la proximité du Nigéria qui a un marché 20 fois plus grand que celui du Tchad;

6) le Tchad dispose enfin d'une population jeune, dynamique et facilement mobilisable.

OPTIONS ET STRATEGIES DU DEVELOPPEMENT

A. Le premier plan de développement

Le Tchad, à l'instar des autres pays en développement, a initié dès l'aube de son indépendance quelques plans de développement, entre autres le Plan d'Action décennal de 1971-1980; le Plan quadriennal de développement économique et social de 1978-1981 qui sera étouffé dans l'œuf à cause des événements.

B. Le plan intérimaire

Au sortir de la guerre civile, le Tchad a amorcé une politique de reconstruction nationale sitôt secouée par les effets dévastateurs de la sécheresse de 1984-1985. Ces événements ont conduit le pays à se doter d'un plan intérimaire qui servira de véritable guide dans les efforts de développement.

Les objectifs énoncés dans le plan intérimaire sont:

- garantir les besoins essentiels de la population;
- corriger rapidement les conséquences persistantes de la sécheresse;
- augmenter durablement la production;
- assurer une distribution équitable des revenus.

C. Le plan d'orientation

Au terme du plan intérimaire, le Gouvernement a décidé de lancer un plan de Développement à long terme appelé plan d'orientation. Celui-ci propose un scénario de développement économique et social pour la décennie à venir.

Les axes majeurs du plan d'orientation

Les axes majeurs du plan d'orientation s'articulent autour des trois objectifs suivants:

a) assurer la promotion de la population pour lui permettre de maîtriser les changements culturels, sociaux, économiques et techniques auxquels le pays aura à faire face;

b) augmenter la production en modernisant les structures, afin de favoriser la croissance économique; restaurer les équilibres économiques et financiers afin de maintenir une croissance.

Pour atteindre ces objectifs, le Gouvernement s'est fixé des priorités et stratégies susceptibles de favoriser le développement. C'est ainsi que le Gouvernement a mis en œuvre certaines stratégies sectorielles telles que:

- Education/Formation/Emploi;
- Politique de Coopération Technique;
- Promotion du Secteur Privé;
- Santé et Affaires Sociales;
- Environnement et Désertification;
- Développement Rural, Sécurité Alimentaire et Ressources Hydrauliques;
- Développement Urbain.

D. Le Code des Investissements

Le Code des Investissements Tchadiens constitué par l'Ordonnance No. 028/PR/87 du 8 décembre 1987 et son décret d'application No. 446/PR/MCl/87 du 8 décembre est libéral et garantit aux investisseurs tant nationaux qu'étrangers les avantages nécessaires liés:

- au rapatriement des capitaux;
- aux établissements des entreprises;
- à la participation aux marchés;
- à l'incitation à l'investissement;
- à la main-d’œuvre.